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Rédigez un devis de micro-entreprise clair et complet

Carnet kraft fermé et stylo noir posés sur un bureau en bois près d'une fenêtre

Vous exercez en micro-entreprise et un client vous demande un devis : un document trop vague peut laisser place à un désaccord sur les tâches, les frais ou le montant à payer. Un modèle sert de trame, mais il doit correspondre à votre activité et à la situation du client. Préparez les coordonnées, décrivez les prestations ligne par ligne et vérifiez le traitement de la TVA avant d’envoyer votre proposition. Les règles diffèrent selon les secteurs : certaines activités imposent des mentions ou un devis préalable spécifiques.

Que doit montrer un modèle de devis de micro-entreprise ?

Un devis est une proposition commerciale qui décrit ce que vous comptez fournir et à quel prix. Utilisez une trame stable, puis adaptez chaque document au besoin réel du client : un modèle rempli mécaniquement ne remplace ni une description précise ni la vérification des règles de votre secteur.

Faites apparaître, au minimum, vos coordonnées professionnelles, celles du client, la date d’émission, une référence de devis, la description des prestations et produits, les quantités, les prix unitaires, les frais éventuels, le total et les conditions de réalisation. Ajoutez une durée de validité de l’offre, les modalités et échéances de paiement, ainsi que la date ou le délai prévu pour la prestation lorsque c’est pertinent. Le document doit permettre au client de comprendre ce qui est inclus et ce qui ne l’est pas.

Les règles générales varient selon la prestation. La DGCCRF précise que le devis doit notamment permettre d’identifier les parties et le détail des prestations, avec quantités et prix unitaires, et donner les informations nécessaires sur le taux horaire, les frais de déplacement et la validité de l’offre. Elle rappelle aussi que certaines informations supplémentaires dépendent de l’activité : consultez sa fiche sur le contenu et le coût des devis.

Quelles mentions dépendent de votre activité ?

Ne confondez pas les informations utiles dans tout devis avec les mentions spéciales imposées à certaines professions. Dans le bâtiment et le dépannage de l’équipement de la maison, par exemple, la fiche officielle prévoit un devis préalable comportant des éléments détaillés tels que le lieu d’exécution, la nature exacte des travaux, les quantités et prix des prestations et produits, le taux horaire de main-d’œuvre, les frais de déplacement éventuels et la durée de validité de l’offre. Certaines règles sectorielles précisent aussi si le devis doit être gratuit ou payant.

Les services à la personne, le déménagement, les prestations funéraires ou des équipements destinés au retour à domicile peuvent relever de dispositions particulières. Les conditions d’obligation et le contenu du document ne sont pas identiques d’un secteur à l’autre. La fiche de Service Public sur les activités concernées détaille plusieurs de ces situations. Avant de reprendre une trame générique, vérifiez la partie consacrée à votre activité et, si nécessaire, les textes ou règles professionnels qui la régissent.

Pour une activité de conseil, de création ou de prestation intellectuelle, précisez concrètement le livrable : nombre de séances, durée estimée, format remis, nombre de versions comprises ou tâches exclues. Pour une vente, identifiez les produits et leurs quantités. Pour des travaux, détaillez la main-d’œuvre et les fournitures, en indiquant les unités de mesure utiles. Évitez les lignes vagues comme « intervention » ou « forfait » si elles ne permettent pas de savoir ce que le prix couvre.

Comment présenter le prix et la TVA ?

Présentez les montants de manière cohérente : prix unitaire, quantité, sous-total par ligne, frais annexes et total à payer. Si la TVA s’applique, faites apparaître le taux et les montants hors taxes et toutes taxes comprises. Si vous bénéficiez de la franchise en base, ne facturez pas de TVA et faites figurer la mention prévue pour votre situation. Le régime micro et la franchise de TVA sont deux sujets distincts : vérifiez votre statut fiscal au moment où vous établissez le document.

La référence légale de la mention de franchise évolue au 1er septembre 2026. La fiche officielle consacrée à la fiscalité du micro-entrepreneur indique que la référence au code des impositions sur les biens et services remplace celle à l’article 293 B du CGI, tout en prévoyant une tolérance pour l’ancienne référence jusqu’au 31 décembre 2027. Avant de modifier votre modèle, contrôlez la formulation applicable dans la fiche fiscale officielle du micro-entrepreneur.

Exemple fictif, uniquement pour illustrer le calcul : une micro-entrepreneuse en franchise en base propose deux heures de prestation à 55 € l’heure, trois fournitures à 12 € pièce et 15 € de déplacement. La main-d’œuvre représente 2 × 55 €, soit 110 €. Les fournitures représentent 3 × 12 €, soit 36 €. En ajoutant 15 € de déplacement, le total est de 161 €. Le document peut présenter les lignes « prestation, 2 h, 55 €, 110 € », « fournitures, 3, 12 €, 36 € » et « déplacement, forfait, 15 €, 15 € », puis le total de 161 €, sans TVA facturée si la franchise s’applique effectivement. Ces tarifs sont fictifs et ne constituent pas un barème.

Quel modèle choisir et comment l’adapter ?

Un document rédigé dans un traitement de texte convient si vous n’avez que quelques devis et vérifiez chaque calcul. Un tableur facilite les sous-totaux et le total, mais une formule erronée peut se répercuter dans plusieurs documents. Un outil de facturation peut centraliser les modèles et les références, à condition de contrôler ses réglages, notamment la TVA, les coordonnées et les mentions propres à votre métier. Dans tous les cas, le format ne rend pas le document conforme à lui seul.

Construisez votre trame avec des champs faciles à relire :

  • identité et coordonnées du professionnel, ainsi que les coordonnées du client ;
  • référence, date d’émission et durée de validité de la proposition ;
  • description de chaque tâche ou produit, unité, quantité et prix ;
  • frais de déplacement, matériaux ou autres frais, présentés séparément ;
  • total et traitement de la TVA adapté à votre situation ;
  • calendrier ou délai, modalités de paiement et zone d’acceptation du client.

Ajoutez les clauses nécessaires à votre prestation sans rendre la proposition illisible. Si vous prévoyez un acompte, indiquez son montant ou sa méthode de calcul, son échéance et la nature de la somme. Si vous facturez un déplacement ou une intervention préparatoire, précisez quand ce coût s’applique. Ne présentez pas une option comme incluse dans le prix de base : distinguez-la et demandez au client de la sélectionner explicitement.

Un devis accepté fixe les conditions convenues. Si une demande nouvelle entraîne du travail ou des frais supplémentaires, expliquez la modification et son prix au client avant de poursuivre, puis conservez une trace écrite de son accord. Cela évite de confondre une estimation initiale avec une autorisation automatique pour tout ajout.

Comment vérifier le devis avant de l’envoyer ?

Relisez le document comme si vous ne connaissiez pas votre activité. Le client peut-il identifier le résultat attendu, les limites de la prestation et les éventuels frais ? Chaque quantité a-t-elle une unité ? Les prix unitaires se multiplient-ils correctement par les quantités ? Le total correspond-il à la somme des lignes ? Les montants HT, TVA et TTC sont-ils cohérents avec votre situation ?

Vérifiez aussi les coordonnées, la date, la validité de l’offre et les délais annoncés. En cas de travaux ou de dépannage, contrôlez les informations sectorielles requises, notamment le lieu d’intervention et le décompte détaillé. Si le devis est payant, précisez ce coût avant de le réaliser. Gardez une copie du document envoyé et de son acceptation ; conservez également les éléments qui justifient les prix et les modifications convenues.

Enfin, un devis n’est pas une facture. Une fois la prestation exécutée, établissez le document de facturation correspondant avec les mentions qui s’appliquent à la facture, et non en supposant que le devis les remplace. Si vous cumulez une activité salariée et votre micro-entreprise, le chiffre d’affaires prévu dans vos devis ne correspond pas nécessairement au revenu retenu pour le calcul de vos droits au chômage : les règles de cumul sont à examiner séparément, comme dans le cas du cumul de revenus et d’allocations. Pour retrouver d’autres sujets liés à la création et à la gestion d’activité, la rubrique Business rassemble les contenus correspondants.

Questions fréquentes

Le devis doit-il obligatoirement être gratuit ?

Non, pas dans toutes les activités. Le devis est gratuit dans certains secteurs où il est obligatoire, mais il peut être payant dans d’autres situations, à condition d’en informer le client avant de l’établir. Indiquez clairement si son établissement est gratuit ou payant et, dans ce dernier cas, son coût. Vérifiez les règles propres à votre activité avant de facturer cette étape.

Un devis signé engage-t-il le micro-entrepreneur ?

Oui, l’acceptation du devis vous engage à réaliser la prestation selon les conditions qui y figurent, notamment son périmètre et son prix. Demandez au client de dater et signer le document, ou d’exprimer clairement son acceptation par écrit. Si le travail doit évoluer, formalisez les modifications et leur éventuel coût avant de les effectuer, plutôt que de vous appuyer sur un accord oral ambigu.

Quelle mention de TVA utiliser sur un devis de micro-entreprise ?

Cela dépend de votre situation fiscale : le régime micro ne signifie pas à lui seul que vous ne facturez pas la TVA. Si vous bénéficiez de la franchise en base, indiquez que la TVA n’est pas applicable et vérifiez la référence légale en vigueur. Depuis le 1er septembre 2026, une nouvelle référence est prévue, avec une période de tolérance jusqu’au 31 décembre 2027 pour l’ancienne mention.

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