Projet de thèse
Ci-dessous, un projet de thèse en lien avec le sujet pour mon mémoire de master-recherche.
Note de Caroline Mothe
Titre de la thèse / mots clés
Titre de la thèse : Lean Product Development et performance d’innovation de l’entreprise
Mots clés : conception, développement produit, innovation, lean, produit
Présentation du projet de thèse
Le lean, terme qui est apparu pour la première fois il y a une vingtaine d’années, est défini comme une nouvelle organisation accompagnée d’une nouvelle philosophie organisationnelle et de nouvelles techniques (Womack et Jones, 1990), ou un système intégré reposant sur le système opérationnel, le système de management et la culture (Drew et al. 2004) soit un système intégré socio-technologique (Paez et al., 2004). Concevoir lean, c’est se focaliser sur la valeur attendue par les clients, leur fournir la valeur ajoutée maximale au moindre coût et au plus vite » . Si le lean est aujourd’hui décliné sur un ensemble de fonctions et peut s’étudier à plusieurs niveaux d’analyse (lean thinking, lean manufacturing, lean management, etc.) et, plus récemment, au développement produit (Liker et Morgan, 2006), son application à la conception produit en amont du processus d’innovation est encore inexplorée. Or, les opérations en amont de conception innovante (Le Masson, Weil et Hatchuel, 2006) sont aujourd’hui considérées comme clés pour la performance de l’innovation de l’entreprise, et donc de sa performance. Ces opérations subissent donc des pressions constantes pour les améliorer.
Si, dans la littérature, l’adoption du lean et l’innovation ont toutes les deux été présentées comme essentielles pour la survie à long terme des organisations, la question de savoir si les deux stratégies (philosophies) peuvent être utilisées de manière simultanée reste ouverte (Srinivasan, 2010). Chesbrough et Garman (2009) ont incité les managers à adopter l’innovation ouverte pour intégrer les demandes lean en termes de réduction de coût de R&D sans sacrifier la croissance future de l’entreprise. Srinivasan (2010) a montré, en étudiant l’entreprise Rockwell Collins, que l’infrastructure organisationnelle est un facilitateur clé pour un système stratégique de l’innovation qui reflèterait une pensée lean. Toutefois, cette recherche reste très générique et ne précise pas les modalités de mise en œuvre de la démarche lean dans la conception innovante, notamment au niveau des choix réalisés par l’entreprise dans le portefeuille de projets d’exploration menés et de la décision de passer au développement d’un projet de recherche. L’objectif de la thèse est de combler ce vide en précisant la manière dont le lean pourra permettre d’assurer de meilleurs arbitrages en conférant à l’entreprise une flexibilité plus importante vis-à-vis de l’exercice de ses différentes options.
L’examen de cette question fait écho aux difficultés auxquelles est confrontée l’entreprise en matière de choix d’investissements. La théorie des options réelles (Pérez et Bérard, 2009) permet de prendre en compte la dynamique des décisions d’investissement, et en particulier, les irréversibilités et les possibilités de différer ses choix. Elle introduit ainsi une possible flexibilité propre au « lean product management » en évaluant les aspects optionnels contenus dans le processus de décision. Appliquée au développement de nouveaux produits, elle peut permettre de comprendre quand lever l’option en s’engageant plus à fond dans le développement d’un produit, ou au contraire quand l’abandonner quitte à matérialiser une perte sur cette option. Cette approche se présente donc comme un complément nécessaire à la littérature sur le lean product development pour évaluer le chemin et le moment opportuns pour l’exercice de l’option. Dans la lignée des modèles d’option appliqués aux projets d’innovation et de R&D (Geske et Shastri, 1985, Grenadier et Weiss, 1997, Lint et Pennings, 1998), une attention particulière sera également portée à l’importance de la communication entre les différents départements d’une entreprise afin d’évaluer d’une façon plus transparente les différentes options de développement produits.
En combinant les apports de la théorie des options réelles appliquée aux projets d’innovation et les travaux récents sur le lean product development, la thèse doit déboucher sur un cadre d’analyse original pour évaluer l’apport du lean product development à la performance d’innovation de l’entreprise. Afin d’atteindre cette performance, il sera nécessaire de considérer ce travail de recherche à travers le développement de modèles et de méthodes permettant d’améliorer la performance du processus de conception produit en adoptant la philosophie lean product development selon le triptyque Innovation/Produit/Processus de manière à optimiser le cycle de conception de nouveaux produits dans une démarche durable et globale. Les modèles et méthodes développés doivent permettre entre autres de réduire les délais de conception, les pertes de recherche d’information, etc. afin d’améliorer la qualité de conception mais aussi celles de production et de recyclage du produit. Le cadre de travail peut être limité en fonction de (i) l’étendue de la variété des références et (ii) des volumes/prévisibilité des volumes, à l’univers défini par une variété élevée et des quantités imprévisibles/ volumes incertains à faibles, dans lequel la production est assez complexe à piloter et à mettre en place (le système nécessite une flexibilité importante des moyens de production). La confrontation empirique sera menée à l’aide de plusieurs études de cas auprès d’entreprises ayant ou non adopté le lean product development. Le recours aux méthodes de simulation permettrait une réelle avancée empirique pour la question étudiée. En effet, cette recherche considérée selon le triptyque Innovation/ Produit/ Processus et la relation physique forte entre produit et processus opérationnel permettra d’adopter la simulation de flux développée au sein du laboratoire SYMME comme outil d’évaluation de la performance des méthodes et approches de conception mises en place. Dans ce sens, la simulation sera utilisée pour valider les effets positifs et potentialités du lean product development tels que l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise en termes de développement plus rapide des produits, d’amélioration de la fabrication, d’augmentation de la qualité, de réduction des problèmes de démarrage de production, et de mise sur le marché plus rapide.
Les implications managériales de cette thèse sont fortes à l’heure où de nombreuses entreprises se heurtent au difficile arbitrage entre la réduction des délais de lancement de nouveaux produits et l’introduction d’innovations produits, en rupture avec les innovations précédentes. Les réponses apportées dans la thèse s’adresseront aux entreprises innovantes qui ne parviennent pas à desserrer les contraintes entre les phases d’exploration et d’exploitation du processus d’innovation. Elles fourniront également des méthodes utiles pour inciter les entreprises faiblement innovantes à développer de nouvelles idées, sources d’un avantage concurrentiel à long terme.
Note personnelles
Face à une intensité concurrentielle de plus en plus forte, concurrence soutenue par la globalisation des échanges, et une augmentation continue des coûts de production, des matières premières et de la main d’oeuvre, les entreprises sont dans l’obligation de trouver de nouvelles sources de rentabilité.
Ainsi, depuis une vingtaine d’années, les entreprises ont cherché à augmenter la valeur attendue par les clients, au moindre coût et au plus vite.
Le lean est apparu afin de répondre à cette double problématique. Initialement cantonné aux activités de production, le lean s’est ensuite répandu aux différentes fonctions de l’entreprise : lean manufacturing, lean management, lean thinking,... et plus récemment lean development.
Aujourd’hui, son application en amont du développement des produits, au niveau de la conception des produits, est encore inexplorée. Or, ces opérations de "product design" sont aujourd’hui considérées comme essentielles dans la perfomance globale de l’entreprise.
Ainsi, le management des équipes au sein de Quechua se fait autour de concepts lean : cost-to-design, time-to-market,...
La question est donc posée de savoir si innovation et lean sont compatibles de façon simultanée...
Attaquer l’étude du lean en partant de l’évolution de la R&D au sein des entreprises : les changements dans l’environnement concurrentiel obligent les entreprises à percevoir différemment leur façon de penser le développement de produit.
Par exemple, l’augmentation des prix sur les matières premières (+75% d’augmentation en un an sur le coton [1] oblige les entreprises du textile à trouver des nouveaux gisements de rentabilité.
De fait le lean thinking, avec son double objectif de création de valeur pour le client ET de diminution des coûts, peut être une réponse aux nouveaux enjeux de conception/développement que rencontrent les managers.
Le travail à réaliser pourrait s’articuler autour de 3 grandes étapes :
Comprendre les processus d’innovation et de développement de produits,
Identifier les évolutions et nouveaux enjeux que rencontre les processus d’innovation et de développement,
Etude de cas pour comprendre les avantages et inconvénients du lean pour faire face à ces changements.
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