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Chômage et création d’entreprise : ARE, ARCE et cumul possible

Chômage et création d’entreprise : ARE, ARCE et cumul possible

Vous êtes inscrit à France Travail et vous voulez créer ou reprendre une entreprise. Vos allocations chômage ne sont pas perdues. Vous avez le choix entre deux dispositifs : garder un versement mensuel partiel de l’ARE (Allocation d’aide au retour à l’emploi) en cumulant avec vos nouveaux revenus d’activité, ou demander un capital en deux fois, l’ARCE (Aide à la reprise et à la création d’entreprise). Chaque option a ses règles, ses plafonds et ses conséquences. L’une n’est pas meilleure que l’autre : elle dépend de votre besoin de trésorerie immédiate et de votre capacité à prévoir vos revenus.

Comment fonctionne le cumul ARE et revenus d’activité non salariée ?

Si vous choisissez de conserver l’ARE, vous continuez à percevoir une partie de votre allocation chaque mois, en complément des revenus que vous tirez de votre activité d’indépendant (micro-entreprise, auto-entrepreneur, profession libérale, gérant, artisan, commerçant, agriculteur). Ce cumul est possible à condition d’avoir créé votre entreprise après votre inscription à France Travail et de rester inscrit comme demandeur d’emploi.

Chômage et création d’entreprise : ARE, ARCE et cumul possible
Chômage et création d’entreprise : ARE, ARCE et cumul possible

Depuis le 1er avril 2025, le montant mensuel que vous recevez est recalculé selon une règle précise : l’ARE versée est égale à votre allocation journalière initiale, diminuée de 70 % de vos revenus d’activité déclarés pour le mois. Les 30 % restants de vos revenus ne sont pas déduits : c’est une prime à l’activité qui vous encourage à développer votre chiffre d’affaires sans perdre tout votre soutien.

Exemple concret : si votre ARE de base est de 1 200 € par mois et que vous déclarez 800 € de revenus d’activité, le calcul donne 800 € x 70 % = 560 € déduits. Vous percevez donc 1 200 € – 560 € = 640 € d’ARE. Votre revenu total mensuel atteint 1 440 €, soit plus que l’allocation seule. Ce mécanisme garantit que vous avez toujours un intérêt financier à travailler.

Ce cumul dure pendant toute la durée résiduelle de vos droits à l’indemnisation. Si vous aviez 18 mois de droits au moment de la création, vous pouvez potentiellement cumuler allocations et revenus pendant ces 18 mois, à condition de respecter les plafonds chaque mois. Au-delà de ce plafond de 60 % des droits restants (calculé à la date de création), le versement s’arrête.

Quels sont les avantages et les contraintes du cumul ARE ?

  • Avantage : vous gardez un revenu régulier et prévisible chaque mois, ce qui sécurise votre lancement si vos revenus d’activité sont faibles ou irréguliers.
  • Contrainte : vous devez déclarer chaque mois vos revenus exacts sur le site France Travail et actualiser votre situation. Le montant de l’ARE varie donc chaque mois.
  • Limite : le cumul est plafonné à 60 % du montant total de vos droits restants à la date de création. Une fois ce plafond atteint, le versement cesse, même s’il vous reste des jours d’indemnisation.

Que choisir entre l’ARE mensuelle et l’ARCE en capital ?

Le choix entre les deux options est exclusif : vous ne pouvez pas recevoir l’ARE et l’ARCE en même temps. Si vous optez pour l’ARCE, vous renoncez définitivement au versement mensuel de l’ARE. En contrepartie, vous recevez un capital en deux versements, calculé sur la base de 60 % de vos droits ARE restants.

Le montant de l’ARCE se calcule ainsi : (nombre de jours d’allocations restants x montant de l’allocation journalière) x 60 %. Une retenue de 3 % pour le financement des retraites complémentaires est appliquée, ainsi que la CSG et la CRDS.

Exemple chiffré : un demandeur d’emploi perd son poste le 1er juillet, s’inscrit le 2 juillet et perçoit 40 € par jour pendant 548 jours. Après un délai d’attente, sa prise en charge commence le 1er octobre. Il perçoit l’ARE du 1er au 31 octobre. Le 1er novembre, il crée son entreprise. Il lui reste 518 jours de droits (548 – 30). Le capital brut est de (40 € x 518 jours) x 0,60 = 12 432 €. Après déduction des 3 % pour retraite complémentaire, il perçoit environ 12 059 €, versés en deux fois égales.

Chômage et création d’entreprise : ARE, ARCE et cumul possible
Chômage et création d’entreprise : ARE, ARCE et cumul possible

Comment se déroule le versement de l’ARCE ?

  1. Premier versement : il intervient dès que vous réunissez toutes les conditions d’attribution (obtention de l’ACRE, création effective de l’entreprise, remise des justificatifs). Un différé d’indemnisation peut retarder ce premier paiement.
  2. Second versement : il a lieu six mois après le premier, à deux conditions : vous exercez toujours l’activité non salariée pour laquelle l’aide a été accordée, et vous n’êtes pas en CDI à temps plein (condition ajoutée au 1er avril 2025). Si vous avez créé votre activité avant le 1er avril 2025, seule la condition d’exercice de l’activité s’applique.

Quelles sont les conditions communes aux deux options ?

Que vous choisissiez le cumul ARE ou l’ARCE, vous devez remplir trois conditions préalables :

  • Avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de votre contrat de travail et au plus tôt à compter de votre inscription comme demandeur d’emploi.
  • Bénéficier de l’Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) au moment de la création.
  • Bénéficier de l’Aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (ACRE), qui est une exonération partielle ou totale de charges sociales pendant un an. Pour les micro-entrepreneurs, l’ACRE n’est pas automatique : vous devez en faire la demande.

L’ARCE n’est pas accessible si vous créez une entreprise à l’étranger. Le cumul ARE, lui, est réservé aux activités exercées en France.

Que se passe-t-il si votre entreprise cesse son activité ?

Si vous avez choisi l’ARCE et que vous cessez votre activité, vous pouvez demander la reprise du reliquat de vos droits ARE non utilisés. Ce reliquat correspond à la différence entre vos droits totaux et le capital déjà versé. Un différé peut s’appliquer avant la reprise du versement. Si vous avez choisi le cumul ARE, la cessation d’activité met fin au cumul et vous basculez sur le versement normal de l’ARE (sous réserve de votre inscription comme demandeur d’emploi).

Quelle option est la plus adaptée à votre situation ?

Le choix dépend de votre besoin de liquidités et de votre projection de revenus. Si vous prévoyez des revenus d’activité faibles ou irréguliers les premiers mois, le cumul ARE vous assure un revenu mensuel stable, même réduit. Si vous avez besoin d’un capital pour investir (achat de matériel, dépôt de garantie, trésorerie de départ), l’ARCE vous donne une somme immédiate, mais vous perdez le soutien mensuel.

Un point de vigilance : l’ARCE est versée en deux fois, avec un délai de six mois entre les deux versements. Si votre activité ne décolle pas dans les six premiers mois, vous risquez de ne pas percevoir le second versement si vous ne remplissez plus les conditions (activité toujours exercée, pas de CDI à temps plein).

Prenez le temps de simuler les deux scénarios avec votre conseiller France Travail. Le calcul précis dépend de votre allocation journalière, de la durée de vos droits restants et de votre date de création. Ne vous fiez pas à un seul chiffre : testez les deux options avec vos données réelles avant de faire votre choix.

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